Démarche

A travers ces dessins, mon désir est d’exprimer l’élan du vivant. Au-delà des détails, je cherche à saisir les grands courants de formes que je vois dans les visages et les paysages qui me fascinent. Les mouvements de la nature sont traduits à travers des formes abstraites, expression des forces qui s’opposent et se complètent dans une danse harmonieuse unissant les contraires.

La mine de plomb, à la fois lisse et dure, crée cette résistance contre le papier, qui me permet de ressentir et sculpter les lignes, pour traduire cette énergie de vie dans sa force, sa violence et sa sensualité.

J’espère que mes tableaux permettront à ceux qui les regardent, de faire écho à la vitalité, la puissance et l’harmonie qui existe en eux.

 Parcours

Engagée dans une carrière de journalisme, j’ai choisi en 2003 de me consacrer entièrement à ma passion pour l’art.

Après des études de lettres à la Sorbonne, à la Freie Universität de Berlin, et à l’Institut d’Etudes Européennes de Paris VIII, j’ai travaillé comme journaliste au sein des revues Science frontières et Culture Europe.

J’avais décidé d’étudier la littérature pour être en contact avec la beauté des grands textes et pour apprendre les « humanités » que j’étais trop mal dans ma peau pour apprendre dans la vraie vie. En parallèle, je suivais un cours de dessin intensif basé sur une approche à la fois rigoureuse et affective. Dans la suite logique de mes études universitaires, entrée dans la vie professionnelle avec le journalisme, malgré des expériences riches et captivantes, avec de très belles personnes, je ne me sentais pas à ma place. Chaque jour, avant d’aller travailler au Journal, je dessinais. Puis, un jour, de manière fulgurante, la nécessité de faire de l’art le centre de ma vie s’est imposé à moi.

Abordé au départ comme préparation à la sculpture, j’ai découvert dans le dessin un fondamental sans concessions.

C’est dans l’atelier de Juan Luis Cousiño, peintre et sculpteur originaire du Chili, que j’ai acquis les bases de mon art. Auteur de la sculpture appelée la Vierge pyramidale à Saint-Jean-de-Luz, il a cherché à dégager les principes communs aux chefs d’œuvres de l’histoire de l’art. Pour lui, l’art est recherche d’équilibre. Il m’a transmis l’exigence de la forme d’art et un regard amoureux sur la nature pour y déceler sa force expressive.

J’ai par la suite développé ces connaissances dans l’atelier de modelage d’après modèle vivant de Philippe Jourdain, aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris.

La beauté de la nature me captive. Je la perçois dans sa lumière et ses courants de force, et par mes dessins, j’essaie de traduire et transmettre cette émotion.

Pour moi, l’art est nécessaire aux individus mais aussi à la société car l’artiste, s’engageant à partager le fruit d’une alchimie qui transforme les blessures et les angoisses existentielles en beauté, nous montre que tout est possible. Il offre une manière de se connaître et surtout de se dépasser. De cette démarche viendrait la force expressive de l’art des Hautes Epoques, que l’on retrouve dans l’intensité et la pureté des sculptures de l’Egypte et de la Mésopotamie, dans la peinture crétoise ou l’art roman. Mais aussi dans la puissance de Masaccio, dans la grâce de Léonard de Vinci et à travers le «court-circuit» tellurique de Van Gogh.

Aujourd’hui, il me semble essentiel de renouer avec un savoir issu des principes de l’art depuis des millénaires, pour retrouver la vocation première de l’art et exprimer l’esprit de notre époque. Non pas en se référant aux critères conventionnels du classicisme et des académismes, mais en utilisant les valeurs intemporelles et universelles de l’art. Mais avec la raison d’être de l’art qui nous unit à l’homme de Lascaux : traduire, envers et contre tout, cette pulsion de vie qui nous anime, et rendre sensible cette part invisible qui demeure encore et toujours un mystère.