À propos

A travers ces dessins, mon désir est d’exprimer l’élan du vivant. Au-delà des détails, je cherche à saisir les grands courants de formes que je vois dans les visages et les paysages qui me fascinent. Les mouvements de la nature sont traduits à travers des formes abstraites, expression des forces qui s’opposent et se complètent dans une danse harmonieuse unissant les contraires.

La mine de plomb, à la fois lisse et dure, crée cette résistance contre le papier, qui me permet de ressentir et sculpter les lignes, pour traduire cette énergie de vie dans sa force, sa violence et sa sensualité.

J’espère que mes tableaux permettront à ceux qui les regardent, de faire écho à la vitalité, la puissance et l’harmonie qui existe en eux.

A l’âge de 25 ans, je décide de me consacrer entièrement à ma passion pour l’art alors que j’étais engagée dans une carrière de journaliste.

Le baccalauréat obtenu, j’avais choisi d’étudier la littérature pour être en contact avec la beauté, les enseignements humanistes et l’ouverture sur le monde des grands auteurs. Mon but était d’ apprendre le dessin en atelier. C’est dans l’atelier Héos, fondé en 1978 par le peintre-sculpteur chilien, Juan Luis Cousiño, que j’ai appris les bases de mon art. Auteur de la sculpture appelée la Vierge pyramidale à Saint-Jean-de-Luz, il a cherché à dégager les principes communs aux chefs d’œuvres de l’histoire de l’art. Pour lui, l’art, comme le phénomène du vivant, est régi par une recherche d’équilibre. Il m’a transmis ses connaissances sur la forme d’art et un regard amoureux sur la nature pour y déceler la beauté et exprimer sa force expressive.

Après une maîtrise de lettres à la Sorbonne et à la Freie Universität de Berlin, puis un master 2 à l’Institut d’Etudes Européennes de Paris VIII, j’ai travaillé comme journaliste dans une revue d’écologie qui me passionnait. Et pourtant, j’étais tiraillée entre la voix de la raison et une voix des profondeurs qui m’appelait vers l’art.

Jusqu’au jour où, d’une manière fulgurante, il n’y a plus eu de retour en arrière possible.

Laissant à Paris toute une vie déjà installée derrière moi, je suis allée rejoindre mon maître en dessin entre-temps descendu dans le sud à Montpellier, pour apprendre avec lui cet art qui me passionnait. Sans le réaliser sur le moment, j’ai vécu la situation antique de la philia, cette amitié autour d’une recherche de vérité, dans laquelle l’élève et le maître s’ éprouvent jusque dans le quotidien. Durant cette année, c’est comme si le soleil du midi brûlait la carapace de mes enseignements intellectuels journalistiques et universitaires, pour entrer en immersion dans le temps sacré de l’art. Simultanément, je travaillais en tant qu’accompagnante pour une personne en fin de vie et je vivais chaque jour avec une intensité toute particulière, avec une conscience aiguë de la finitude qui, étrangement, m’aidaient à mettre mon ego de côté pour me démunir de mes certitudes et entrer dans la voie du dessin.

De retour à Paris, j’ai donné des cours de dessin dans un atelier que j’ai créé dans mon quartier pour enseigner les bases du dessin telles que je les avais apprises, à partir de simples fruits.

Puis, dans l’atelier de modelage d’après modèle vivant de Philippe Jourdain aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, j’ai appris la tension de la ligne et les volumes dans l’espace.

Comme de nombreux artistes en peinture, musique, dessin, je suis allée aux sources de mon art pour compléter ma formation  afin d’y puiser une inspiration sur de solides piliers, en Italie et en Grèce.

Aujourd’hui, j’expose mes dessins à la mine de plomb dans différents salons et galeries.

En 2017, la présidente du Salon d’Automne me demande de prendre la présidence de la section Dessin du Salon. Depuis cette date, c’est un honneur et une joie de rassembler et mettre en valeur les talents du dessin d’aujourd’hui.

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La beauté de la nature me captive. Je la perçois dans sa lumière et ses courants de force, et par mes dessins, j’essaie de traduire et transmettre cette émotion.

Pour moi, la vocation de l’art réside dans le fait que l’artiste transforme les blessures et les angoisses existentielles en beauté, il nous montre ainsi que tout est possible. Il offre une manière de se connaître et surtout de se dépasser. De cette démarche de transfiguration, viendrait la force expressive de l’art des Hautes Epoques, que l’on retrouve dans l’intensité et la pureté des sculptures de l’Egypte et de la Mésopotamie, dans la peinture crétoise ou l’art roman. Mais aussi dans la puissance de Masaccio, dans la grâce de Léonard de Vinci et à travers le «court-circuit» tellurique de Van Gogh.

Aujourd’hui, il me semble essentiel de renouer avec un savoir issu des principes de l’art depuis des millénaires, pour retrouver la vocation première de l’art et exprimer l’esprit de notre époque en utilisant les valeurs intemporelles et universelles de l’art. Et ce avec la raison d’être de l’art qui nous unit à l’homme de Lascaux : traduire, envers et contre tout, cette pulsion de vie qui nous anime, et rendre sensible cette part invisible qui demeure encore et toujours un mystère.